L’intérêt de produire des plantes à partir des semences vient du fait que c’est le seul moyen de perpétuer une diversité génétique. Lorsque l’on bouture, que l’on marcotte, que l’on divise, en réalité, on clone !
Sauf que toutes les plantes ne se reproduisent pas forcément via les semis, ou parfois assez difficilement…
A la pépinière des Jardins d’Olus, on privilégie au maximum cette méthode de reproduction, ce qui nous oblige à appliquer plusieurs stratégies :
Certaines graines ont besoin d’une période de froid pour germer. Dans ce cas, plusieurs possibilités, par exemple mettre les graines dans du sable ou autre substrat, que l’on place au frigo pendant un certain temps. Il faut même parfois alterner les périodes de froid et de chaud pour simuler au mieux le passage « réel » de l’hiver. A la pépinière, on compte sur la nature : ces graines sont donc semées à l’automne, comme si elles venaient d’être dispersées depuis leur plante mère… puis on patiente sagement jusqu’au printemps, en espérant qu’elles se réveilleront le moment venu.
D’autres graines, au contraire, ont besoin de plus de chaleur, qu’il est compliqué d’obtenir naturellement dans le nord tôt en saison. Celles-ci sont donc placées sur une nappe chauffante électrique pour la germination (ladite nappe étant alimentée via des panneaux solaires). Pour les vivaces concernées, elles seront ensuite déplacées en dehors de la zone chauffée dès que les levées auront eu lieu, afin qu’elles retrouvent un environnement normal et qu’elles s’endurcissent.
Ensuite, certaines semences doivent être enterrées, et d’autres ont besoin de lumière pour germer. Au moment du semis, il va donc falloir être attentif à la profondeur des graines…. certaines seront juste déposées en surface.
Enfin, certaines graines sont protégées par une enveloppe protectrice, qui dans la nature serait détruite via différentes méthodes : frottement lors du déplacement, séjour dans l’eau, passage par les intestins d’un animal…. C’est probablement l’étape la plus fastidieuse lors des semis des plantes concernées (Iris des Marais, Vulnéraire, Rose Trémière…), car il faut reproduire l’abrasion mécanique. Ça se traduit généralement par un frottement sur du papier de verre, puis la séparation des graines et des restes d’enveloppe… ce qui demande beaucoup de patience !
Semences de roses trémières avant l’abrasion, la « coque » protège la graine
Semences après abrasion et séparation de la coque, c’est cette graine qui sera semée
C’est semé ! (les graines sont peu enterrées car les roses trémières ont besoin de lumière pour germer…)